LE CIFDHA SALUE LE PAS DECISIF DU BURKINA FASO VERS L’ABOLITION DEFINITIVE DE LA PEINE DE MORT

Le Jeudi 31 mai 2018 restera à jamais un jour mémorable pour les défenseurs de droits humains du Burkina Faso. En effet, c’est ce jour que l’Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté, par 83 voix pour et 42 contre le nouveau code pénal qui consacre l’abolition de la peine de mort pour les crimes de droit commun. Cette étape historique constitue l’aboutissement d’un long et intense travail de plaidoyer porté par la société civile à travers la Coalition nationale contre la peine de mort au Burkina Faso dont le Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA) est partie prenante.

Cette coalition, mise en place par Amnesty International Burkina Faso, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples, et bien d’autres organisations en pointe dans le combat abolitionniste, a entamé depuis de nombreuses années des actions de sensibilisation du public, des formations ainsi que le plaidoyer auprès des autorités politiques. Bénéficiaire de l’appui du fonds francophone pour les droits humains en 2016, le CIFDHA a engagé avec les autres membres de la Coalition une campagne intitulée « Action citoyenne pour l’abolition définitive et irréversible de la peine de mort au Burkina Faso ». Le CIFDHA a aussi travaillé en étroite collaboration avec les parlementaires, notamment la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) de l’Assemblée nationale et le Réseau des parlementaires burkinabè pour les droits humains (RPBDH), pour faire avancer la cause abolitionniste au sein de la représentation nationale. Il a contribué à l’organisation en décembre 2016 d’un séminaire parlementaire régional sur l’abolition de la peine de mort en Afrique Francophone aux côtés d’ECPM, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de la FIACAT. C’est donc une légitime satisfaction pour nous de voir l’aboutissement de ce combat.

Le CIFDHA tient à féliciter le Gouvernement du Burkina Faso ainsi que les parlementaires qui ont fait preuve de courage politique sans jamais vaciller ni succomber aux sirènes du populisme ambiant qui entourait le débat. Le CIFDHA regrette toutefois que certains enjeux politiques et judiciaires du moment, conjugués aux postures politiciennes des uns n’aient pas permis l’adoption unanime de ce code pénal qui, au-delà de l’abolition de la peine de mort, contient des progrès notoires en termes de protection des droits humains et de répression des violations. Le CIFDHA exprime sa reconnaissance aux autres acteurs de la société civile et aux institutions pour l’excellence de la collaboration qui a permis d’aboutir à ce résultat. Le CIFDHA tient enfin à remercier tous les partenaires qui l’ont accompagné dans ce combat en particulier :

Le Burkina Faso doit désormais parachever ce processus abolitionniste par la révision du Code de justice militaire qui contient toujours des dispositions prévoyant la peine de mort ainsi que l’adoption de la nouvelle Constitution qui prévoit cette abolition. Nous invitons enfin notre pays à engager la procédure de ratification du deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant l’abolition de la peine de mort.

 Ouagadougou, le 1er Juin 2018

 

 YAMEOGO Urbain Kiswend-Sida

Président du CIFDHA

Tel: (+226) 70 27 87 28 -/- 66 68 92 93

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